Dans le cadre de son conventionnemment avec la ville de Caen et la région Normandie, la compagnie Le Ballon Vert mène des projets artistiques et culturels au coeur de son territoire.

2019 – 2020

Ceci est un espace public // Jumelage-Résidence

Quel rôle peut bien jouer une place publique ? Qu’elle soit rurale ou citadine, la place est l’endroit de rassemblement des habitants. Pourquoi si donne t’on rendez-vous ? Est-ce uniquement un souci pratique, ou est-ce une vision plus symbolique, plus politique peut-être ?

Partant de ce qui a été, de ce qui dessine les contours de la place Saint Sauveur, nous souhaitons transmettre aux enfants les éléments de lecture que nous avons et qui témoignent de l’Histoire. Ensuite nous élargirons notre réflexion avec une présentation des places symboliques dans le monde. Une présentation qui part de son territoire pour ensuite voyager de la place Tian’anmen aux grandes places de l’Histoire d’Europe. Pour construire cette partie, nous envisageons de travailler en collaboration avec un historien ou/et un architecte. Nos partenaires sur le territoire sont le musée de Normandie et le Pavillon.

Dans un deuxième temps de recherche, il est important de mener des ateliers IN SITU afin que le corps développe ainsi sa propre capacité d’analyse sensible. Quelle est ma relation au volume, à la matière, à la lumière, à l’architecture, à l’autre… ? Construit sur des échanges et des ateliers de mises en pratiques, c’est l’occasion pour nous de partager notre appréhension de l’espace public, de ce qui le détermine, de ce qu’il représente ou encore de s’interroger sur les relations que nous y tissons de manière directe ou indirecte. Ici nous ne sommes pas chez moi, ni chez toi, nous sommes au coeur de ce qui construit du commun, un espace du vivre ensemble. C’est le sens du travail des arts de la rue et de notre pratique.

C’est ensemble que nous tracerons la première esquisse de l’œuvre à venir, de ce rendez-vous à venir. L’événement du salon du livre est pour nous le moyen d’intégrer les enfants au processus de création pour qu’ils deviennent nos collaborateurs et pas simplement des spectateurs, de la conception à la réalisation. L’objectif étant qu’ils appréhendent au mieux les enjeux d’une œuvre contextuelle, considérant ce qui a été, ce qui est et ce à quoi nous aspirons.

Cette proposition se construit à base de différents matériaux : visuels, textuels et sonores. Ces outils nous les utilisons souvent au sein de nos créations, notamment au travers des expositions et installations urbaines que nous réalisons par ailleurs, et ils permettront aux enfants de rencontrer des artistes de différentes disciplines que ce soit des arts plastiques ou du théâtre.

Nous souhaitions construire cette action autour des enjeux du cycle 3 afin de développer un temps d’interaction entre les différents niveaux et de confronter ainsi les différents points de vue. Les écoles que nous avons ciblées ont en commun ce territoire. Pour autant les enfants l’appréhendent de manières très différentes au travers de leur âge, de la pratique, du genre, de la valeur et de la prise de conscience qu’ils ont, ou qu’ils n’ont pas, de ce patrimoine. L’occasion pour nous de croiser les regards et les pratiques, de leur transmettre de nouveaux outils d’appréhension et de lecture, et de les accompagner au travers d’une œuvre poétique.

Objectifs de l’action

Ce projet s’adresse au cycle 3 et s’est construit autour de la réalisation d’une œuvre contextuelle. En partenariat avec le salon du Livre de la ville de Caen, nous proposons à des élèves de CM1, CM2 et collège, de collaborer à la réalisation d’une œuvre dans l’espace public. Notre réflexion porte sur notre relation à la ville et plus particulièrement aux rôles des places publiques, en prenant comme terrain d’expérimentation Époque qui a lieu place Saint-sauveur.

A quel(s) besoin(s) répond-elle ?Nous avons pu constater que cet événement qui est porté par la ville, restait néanmoins assez décousu dans sa relation au territoire. Nous avons alors commencé à envisager un travail autour de la place afin de fédérer ses habitants lors du salon. Par ailleurs, nous savons que la question patrimoniale et la représentation des espaces urbains est une notion complexe à aborder avec le public et particulièrement avec les plus jeunes. Nous avons donc souhaité les intégrer à la réalisation d’une œuvre dans l’espace public afin qu’ils aient une appréhension sensible de ce travail.

2018 – 2019 

A sworm of bird // Projet en cours // Médecins du monde 

« Les Hommes Sont Des Oiseaux De Passage » W. Shakespeare

L’Histoire nous apprend que la migration n’est pas l’histoire de «l’homme moderne » mais celle de l’humanité toute entière depuis qu’elle a commencé son expansion. On a classé ces mouvements migratoires selon deux catégories : les migrations économiques et les migrations contraintes…

Au cœur de cette mobilité, il existe plusieurs étapes de migrations pour lesquelles on nomme différemment les individus. Nous avons : « émigrant » celui qui quitte son pays, « émigré » celui qui a quitté son pays, « immigrant » celui qui entre dans son pays d’accueil, « immigré » celui qui est installé dans son pays d’accueil et enfin « migrant » celui qui est en train de migrer.

La migration des peuples résonne aujourd’hui comme un sujet éminemment politique, elle n’en reste pas moins un sujet sociologique, historique, économique, culturel, intime… elle est polymorphe. Considérer la migration sous un seul angle est le meilleur moyen de l’instrumentaliser.

Entre les récits quasi « mythologiques » de ces déplacements géographiques, il apparaît bien difficile de démêler la fiction et le réel… Nous tentons dans le marasme des amalgames, des analogies confuses qui peuvent être faites dans l’urgence de nos actualités, un nouvel angle de réflexion plus transversale. Travaillant en collaboration avec des historiens, des sociologues, des acteurs de terrains, des artistes… nous cherchons un nouvel espace d’échange à proposer à l’ensemble des citoyens.

Une nuée d’oiseaux – une installation photographique et sonore

« Les oiseaux, c’est comme l’amour, ça a toujours existé. Toutes les espèces disparaissent, mais pas les oiseaux. Comme l’amour. »
Le marin de Gibraltar – M.D

Nous proposons de mettre en place une installation photographique et sonore, composée de deux éléments principaux, un portrait photographique et un paysage sonore. Une articulation fragile entre l’image et le son. Les photos sont installées dans l’espace et elles sont ensuite reliées à un QR-Code qui nous permet d’accéder à la lecture du paysage sonore. Cette installation nous permet de donner la parole et de développer une adresse directe entre le sujet de la photo et celui ou celle qui la contemple.

Une manière de se présenter au monde en dehors des statistiques, des gros titres de journaux, ou des analyses faites par les uns ou les autres… peut-être même en dehors de leurs parcours migratoire. Le sujet ici est de poser la question de nos identités, de ce que nous sommes.

Premier temps // La rencontre

Cette proposition demande un temps de travail important afin d’instaurer une relation de confiance qui va nous permettre de réaliser un entretien enregistré, qui va venir nourrir le paysage sonore, ainsi que de faire le portrait photographique. Certaines cultures ont un rapport à l’image plus complexe avec lesquelles il est plus compliqué d’accepter l’image, des situations de vies particulières influent également sur leurs difficultés a accepter qu’on les prenne en photo.

Pour fidéliser et construire cette relation, nous proposons des rencontres tous les trois mois avec de nouveaux partenaires, autour d’un débat, d’un repas, d’un spectacle, d’un film, d’une exposition, d’un échange avec un historien… plusieurs structures du territoire ce sont montrées favorables à ces temps d’échanges ponctuels, la Renaissance à Mondeville, le musée de Normandie, la Cité Théâtre… Ces différentes rencontres vont également nous permettre de préparer le temps de la diffusion de cette installation en y fédérant d’autres structures sociales ou culturelles. Ces temps de rencontres et d’échanges se construisent, bien évidemment, en collaboration avec les deux autres partenaires du projet, Médecin du monde et France Terre d’asile.

Deuxième temps // La photo et l’entretien

Nous souhaitons leur proposer de construire une image en amenant une réflexion sur ce qu’ils souhaitent montrer d’eux-mêmes. Dans quel décor, dans quel espace, avec quelle tenue, seul ou à plusieurs, de près ou de loin… ? Les choix que l’on fait, construisent un récit que nous désirons écrire en collaboration avec eux.

Les photos sont réalisées par le photographe de la compagnie, avec lequel nous travaillons depuis plusieurs années maintenant, Julien Hélie.

La nature de nos échanges se fera autour de leurs vies aujourd’hui et de ce qu’ils projettent demain, si ils se projettent. Pour certains nous avons déjà constaté que parler de ce qu’il y avait avant et parfois très compliqué. Ne cherchant pas d’explications à leurs migrations, nous laisserons libre cette question du passé, auprès de celles et ceux qui souhaitent nous raconter cette partie de leur vie. Le portrait sonore se construit autour de ce que chaque individu souhaite dire et présenter de lui-même aux autres.

Qui sont-ils, ces enfants que l’on nomme les migrants, les immigrés, les émigrés… ? Et à quoi rêvent-ils la nuit ? Quelles sont leurs aspirations et comment ils voient leur avenir ? Ils se sont mis en mouvement, ils ont choisi ou subi ce déplacement, mais qu’en est il aujourd’hui de leur vie ? Que nous racontent-ils à nous ?

Les entretiens sont réalisés et dérushés par la directrice artistique du projet, Amélie Clément.

Troisième temps // Le montage

Après avoir collecté de nombreux entretiens lors de notre dernière création, pour le projet OCTOPUS, cette méthode de travail est devenue une base à notre proposition artistique, une matière première en quelque sorte, avec laquelle l’ensemble de l’équipe artistique et technique a appris à se familiariser. Chaque entretien est un nouvel espace de rencontre, une exo planète que nous allons explorons avec beaucoup d’attention.

Les montages sonores se font avec le régisseur son, Arnaud Longval, la directrice artistique et le musicien, Guillaume Voisin. L’installation se monte collectivement après un temps de repérage et de construction en équipe. Nous intégrons tous les participants volontaires à ce temps de mise en place. Par la suite, lorsque l’installation tourne sur différents sites c’est l’équipe artistique qui prend en charge se temps de montage.

IN MEMORY  // Le Wip                

Pendant une année nous avons sillonné le territoire de l’ancienne Société Métallurgique de Normandie, remontant les traces de cette histoire industrielle et sur les enjeux portée à l’époque au sein de cette culture ouvrière. Nous avons rencontrés des ancien.ne.s ouvrier.ère.s, des habitant.e.s, des fils, des filles, des petits fils, des petites filles d’ouvriers, qui ensemble ont habité ou habitent encore un territoire et partagent un récit commun.

Qu’en est-il aujourd’hui et quel horizon se dessine pour demain ?

« In Memory » est un poème qui est dédié à l’Histoire du territoire du plateau, avec la complicité de plusieurs partenaires : la Renaissance, le Phénix et la Bibi à Caen, afin de favoriser une diffusion des œuvres produites sur un ensemble de lieu et territoire voisin.  Par ailleurs, dans le cadre d’un partage des savoirs et compétences, nous avons mené un dispositif jumelage avec le Pavillon avec les classes de CM1 et CM2 de l’école Henri Sellier de Colombelles autour de la ville dont je suis le héros.

Plusieurs temps forts ont eu lieu : 

Mai : Mise en place d’une œuvre graphique et sonore, à dimension monumentale de 8 x 4m sur la façade extérieure de la Renaissance lors des Plateaux Ephémères à Mondeville (14).

Juin : Encollage d’une œuvre graphique à La Bibi et mise à disposition d’ouvrages sur les friches industrielles.

Juin : Mise en place d’une exposition à l’Ecole de Colombelle en partenariat avec le Pavillon avec les œuvres créées par les enfants, les photos prises dans la Grande Halle et les modules d’écoute sonores permettant la diffusion des portraits sonores réalisés dans le cadre du projet.

Septembre : Mise en place d’une exposition de présentation des œuvres des élèves de l’école et création d’une œuvre graphique collaborative au Phénix, médiathèque de la ville de Colombelle. Invitation à participer à une fresque sur les vitres de la Médiathèque autour d’une Skyline de la SMN.

Octobre : Ouverture de la Grande Halle du Wip avec une journée portes ouverte le 12 Octobre. Proposition d’une œuvre graphique encollée à l’intérieur du bâtiment puis devenant le décor d’une performance d’arts vivants, mêlant composition sonore et musicale, portraits d’ouvriers, texte et travail de plateau avec trois comédiens.