« Plus un organisme est complexe plus il est libre »
OCTOPUS s’est construit petit à petit, comme un organisme vivant qui prend le temps de se développer en grandissant. Il y a d’abord eu l’envie d’un triptyque, pour prendre le temps de dire, puis celle d’un programme radio et enfin la mise en place d’une exposition urbaine, la trace de nos rencontres s’étalant sur les murs, les parois, ou le mobilier urbain, comme pour impacter l’espace… Ces différentes formes ne viennent en aucun cas altérer le fond, bien au contraire, elles travaillent les unes avec les autres en complémentarité. Cette gourmandise n’est pas sans rappeler celle de Margueritte Duras, la femme et l’auteure avaient un goût de vivre et un appétit de l’humain féroce.
L’octopode aussi est gourmand.
En 1962, M.D mène un travail radiophonique pour France Culture, qui nourrira par la suite certaines de ces œuvres littéraires, comme Pluie d’été, avec le personnage d’Ernesto. Lors de ce travail, elle va diriger une série d’entretiens avec des enfants âgés de 6 à 8 ans. Elle les interroge sur le temps, sur la lune, sur l’énergie atomique, sur la poésie, sur ce qu’ils pensent que sera la vie quand ils auront 20 ans. D’une série de questions, elle met en place une conversation. Elle leur donne la possibilité de prendre la parole, de dire comme des grands, ce qu’ils perçoivent du monde, de faire entendre ce qu’ils ont à en dire. Avec ces enregistrements elle inscrit la trace d’une époque sur la bande magnétique de son enregistreur.